EMPREINTES / La saga des dinosaures en Algérie
Il y a environ 165 millions d’années, à l’ère mésozoïque, des changements géographiques importants eurent lieu, la répartition des terres et des mers subissant des modifications : de nouvelles montagnes émergèrent lentement, les reptiles surpassèrent tous les autres animaux, les plantes à fleurs commencèrent à apparaître ainsi que nombreux arbres et arbustes actuels (comme le peuplier,le lierre, le laurier etc.) qui fournirent à tous ces vertébrés de nouvelles ressources de nourriture.
Plus de 500 espèces de dinosaure cohabitaient sur
toute l’étendue de la terre avec d’autres vertébrés. En ce qui concerne
l’Algérie, c’était avec des poissons comme les lépidotes le cœlacanthe Mawsonia,
le Ceratodus Africanus, pourvu à la fois de branchies et de poumons,
l’Onchopristus numidus, ancêtre du poisson-scie actuel, avec des tortues, des
crocodiles dont le gigantesque carcasuchus imperator, identifié dans des
gisements fossilifères d’Aoulef et de la région de Bou Semghoun. Ces vertébrés
qui appartenaient à la classe des reptiles étaient soit herbivores, comme le
brachiosaure (12 m de haut, 22 m de long), ou le diplodocus, soit carnivores,
comme le carcharodonsaurus saharicus ou l’iguanaudon mantelli) (hauteur 4,80 m),
des bipèdes aux membres antérieurs atrophiés tandis que les postérieurs étaient
adaptés pour une course très rapide. Certains de ces dinosaures, comme ceux qui
ont laissé leurs empreintes dans la région d’Aïn Sefra (wilaya de Naâma),
étaient relativement petits. Leur habitat se situait sur toute l’étendue du
Sahara actuel. Les théropodes carnivores vivaient sur les terres émergées, les
ornithopodes (iguanaudon) en bordure des marais, les sauropodes (branchiosaure)
dans les grands marécages, les poissons, tortues et autres reptiles plus petits
dans les lacs et les grands cours d’eau qui aboutissaient à la mer. (On pense,
qu’il existait à l’emplacement actuel des monts des Ksour un immense delta). Ces
grands vertébrés reptiles qui dominaient notre planète s’évanouirent,
soudainement, il y a 65 millions d’années. Concernant cette brutale disparition,
plusieurs hypothèses ont été émises, la dernière en date et qui semble être la
plus valable, étant, qu’à l’époque de la brusque disparition des dinosaures, un
astéroïde de 10 km de diamètre en s‘écrasant sur la surface de la terre fit
disparaître presque toute trace de vie. Privés d’aliments, les grands reptiles
furent éliminés. Les espèces plus petites et sans doute plus résistantes et
nécessitant pour leur survie infiniment moins de nourriture purent subsister et
se maintenir sur la planète. La présence dans les grés du continental
intercalaire (barrémo-albien) de fossiles de grands reptiles fut signalée la
première fois en 1893 par F. Foureau dans la région de l’ex-Fort Flatters
(Djoua). L ’Abbé de Lavocat, au Maroc, dans la région de Kem-Kem, au nord-est de
Tindouf. Deux noms surtout retiennent l’attention, en ce qui concerne la
recherche et la découverte des fossiles de dinosauriens et autres reptiles du
secondaire : ceux de l’Abbé A.F. de Lapparent et de P. PH Lefranc à qui l’on
doit la découverte et l’étude des gisements fossilifères du Gourara du Touat, du
Tidikelt comme ceux de la foggara Amerhaïer à Timimoun, de la foggara de Reggan,
de la gara des Cheurfas d’Aoulef et ceux de Aïn Cheikh du gour Ouled Yahia
(région de Chebbi). Dans les monts des Ksour, la présence de gisements fossiles
de vertébrés du secondaire est signalée pour la première fois en 1969 par
J.P.Bassoulet et Y. Iliou. Depuis, les découvertes se sont succédé dans toute la
zone (Brezina, Bou Semghoun, Oulakak, Moghra Tahmani, Asla…) Une remarque : plus
nous descendons dans l’erg occidental, plus les restes fossiles sont importants,
ceci provenant dans doute, du fait que la fossilisation s’est faite sur le lieu
où sont mortes les bêtes tandis que dans les monts des Ksour et le piedmont, les
restes sont dissiminés et peu volumineux, à cause, sans doute, du fait qu’après
leur mort, celles-ci ont été transportées par flottaison par les grandes fleuves
et, qu’après décomposition, les diverses parties de leur corps ont été
dispersées dans la zone deltaïque, où elles se sont fossilisées. Il se pourrait
que dans l’avenir, surtout dans le grand Sud (erg occidental) et dans les monts
des Ksour que des gisements importants soient découverts en prospectant
méthodiquement les zones où affluèrent les grès du continental intercalaire, car
les 5/8 de celles-ci n’ont pas encore été étudiées.
Par C. P.